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La recherche scientifique sur la biodiversité peut-elle changer le monde?

Mark Graham © Musée canadien de la nature.

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La session plénière pour le colloque sur la biodiversité intitulé Biodiversity Next.

Par Mark Graham, 30 novembre 2019

À la fin d’octobre, le vice-président du Musée à la recherche et aux collections, Mark Graham, Ph. D., a assisté, aux Pays-Bas, à un colloque sur la biodiversité intitulé Biodiversity Next. Dans ce billet, il livre ses réflexions sur l’importance d’échanger les données sur la biodiversité, sujet qui réside au coeur de cette réunion internationale.

Que voit-on dans cette salle du théâtre Stadsgehoorzaal de Leiden, qui accueille normalement des spectacles? Sur la scène, au lieu d’acteurs, de danseurs ou de musiciens se trouve un immense écran sur lequel on peut lire Biodiversity Next; à côté, la silhouette d’un coléoptère se fond dans l’écran à mesure que les pixels se morcèlent et disparaissent. Dans l’assistance, on compte environ 700 personnes de 76 pays : scientifiques, spécialistes des données et responsables des orientations politiques. Ce que nous venons discuter et apprendre pendant ces quelques jours changera le monde.

Depuis des décennies, les scientifiques accumulent des données grâce à leurs recherches et tirent la sonnette d’alarme sur les changements qui touchent notre environnement naturel. Parallèlement, ils ont aussi mis au point des moyens d’apporter des preuves tangibles à leurs découvertes et d’échanger librement leurs résultats.  Certains de ces efforts sont des instruments puissants qui nous aident à comprendre ce qui se passe et à trouver des solutions. Nous faisons cela afin que les décideurs puissent utiliser leur pouvoir pour réévaluer leurs priorités de façon à favoriser la santé et la durabilité de notre monde… et pas uniquement dans l’intérêt d’une espèce dominante dotée d’une forte capacité à se reproduire et à s’adapter!

Biodiversity Next a réuni des scientifiques spécialisés dans la création de données sur la biodiversité, dans l’élaboration de normes visant l’échange numérique de ces données et dans la conception d’outils informatiques pour les partager et les analyser.  Sont également présents des organisations qui recueillent et diffusent les données scientifiques ainsi que des responsables des politiques et d’autres utilisateurs de données. La présence simultanée des responsables et des principaux praticiens de ces groupes d’intérêts est aussi rare qu’importante.

Voici ce que nous savons avec certitude. Il existe une crise mondiale de la biodiversité. Nous en connaissons les raisons et elles sont sérieuses. L’approvisionnement en nourriture et en eau est gravement menacé. Le réchauffement rapide du climat mondial vient compliquer toutes ces questions. Une action mondiale coordonnée pourrait apporter des solutions; sans cela, c’est l’inverse qui se produira.

Les organisations mondiales qui apportent des preuves et des faits scientifiques sur les changements climatiques (Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat ou GIEC) et sur la biodiversité (Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques, connue sous son sigle anglais IPBES) comptent sur les centaines de spécialistes réunis dans cette pièce et leur armée de collègues ainsi que sur des organisations comme la Global Biodiversity Information Facility, qui rend accessibles gratuitement les données scientifiques. Le GIEC et l’IPBES utilisent ces données pour résumer clairement les faits scientifiques et pour en dégager leur signification pour la vie sur Terre.

Est-ce que cela changera le monde? Absolument! Si l’alliance de scientifiques des données poursuit son travail, le monde changera par petits pas, un point de donnée à la fois. Comme le dit l’adage, personne ne peut tout faire, mais tout le monde peut faire quelque chose. Le monde changera pour le mieux quand les responsables politiques tiendront compte de l’abondance des avis scientifiques qu’on leur donne. Forts de ces conseils, ils pourront trouver le courage et le bon sens d’adopter des politiques qui accorderont à notre monde naturel la même place que celle qu’occupe notre construction des économies mondiales.