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Les étudiants s’épanouissent au Musée et apprennent le métier

Par Howard Martin

Chaque année, les scientifiques du Musée canadien de la nature agissent comme mentors auprès d’étudiants, tant des novices qui en sont à leurs premières armes dans un labo que des doctorants s’intéressant à une question d’histoire naturelle.

Ils officient au campus du Patrimoine naturel du Musée, l’édifice de la recherche et des collections situé à Gatineau, au Québec, qui abrite les collections nationales d’histoire naturelle du Canada totalisant plus de 14,6 millions de spécimens!

Selon Mark Graham, vice-président de la recherche et des collections au Musée, les étudiants tirent de précieux enseignements chaque jour en travaillant avec les scientifiques et les collections. « Ils ont besoin d’un endroit où parfaire leur formation et acquérir de plus amples instructions sur la façon de documenter et d’étudier les spécimens. En travaillant dans les collections, ils apprécient davantage le processus de préservation que s’ils n’y avaient jamais été exposés. »

Rencontrez quatre de ces stagiaires qui bénéficient des conseils des spécialistes du Musée.

Howard Martin © Musée canadien de la nature

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James Darling tenant un plateau de bousiers dans les collections d’insectes du Musée. Il souhaite nommer une espèce non décrite dans le cadre de sa maîtrise.

James Darling – Bousiers

James Darling a commencé ses études de premier cycle en biologie à l’Université Carleton et a fini par s’intéresser à la taxonomie des coléoptères. Il s’est découvert une passion pour la taxonomie pendant ses cours sur la biodiversité. « J’ai tendance à apprécier davantage la diversité des formes de vie que les interactions entre les espèces… J’adore classifier les choses », déclare-t-il.

James travaille auprès de François Génier, le gestionnaire de la collection de zoologie qui se spécialise dans la taxonomie des charançons des Amériques. James a commencé au Musée en 2015 comme stagiaire d’été pour le Programme de surveillance environnementale. Il s’est mis à s’intéresser aux coléoptères collectés sur le terrain du campus du Patrimoine naturel pour étudier les écosystèmes.

Impressionné, François Génier lui a proposé un travail bénévole dans son labo, qui est par la suite devenu un travail rémunéré. James a l’intention d’entreprendre une maîtrise à l’Université d’Ottawa en mai 2018.

« C’est très gratifiant de décrire la morphologie d’une espèce dont le nom est inconnu, surtout si elle se révèle être une nouvelle espèce. Celui qui décrit une nouvelle espèce est immortalisé dans le monde scientifique, c’est quelque chose que je trouverais très valorisant. »

Howard Martin © Musée canadien de la nature

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Yiminxue Zheng traitant des échantillons au labo d’ADN du Musée.

Yiminxue ZhengCodes à barres génétiques des poissons arctiques

Yiminxue Zheng termine sa maîtrise tout en étudiant la biologie et l’écologie de l’évolution à l’Université de Toronto. Au cours d’un récent stage au Musée canadien de la nature, elle s’est penchée sur la riche collection de poissons arctiques du Musée. 

Elle s’intéresse en particulier aux codes à barres génétiques de ces poissons et traite les séquences d’échantillons dans le labo de biologie moléculaire du Musée. Il n’existe pas beaucoup de données sur l’ADN des poissons arctiques, son travail consiste donc à saisir ces informations dans une banque de données là où il y avait une lacune, bref à « remplir les trous ».

Les barres à codes génétiques sont propres à chaque espèce. Bien que les étapes pour extraire l’ADN puissent varier, le processus demeure en général très semblable et ne comprend pas la détermination des codes à barres.

Yiminxue Zheng ne connaissait pas l’existence des installations de recherche du Musée et a été fortement impressionnée par ses collections. « Je suis fière de participer aux activités scientifiques en cours au Musée », explique-t-elle.  

En collectant des données brutes et en construisant les fondations permettant au système de progresser, Yiminxue Zheng a le sentiment de collaborer à la « construction d’un nouvel outil » et d’une nouvelle base de connaissances qui sera à la disposition des autres scientifiques.

Howard Martin © Musée canadien de la nature

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Rachel Bergeron préparant des spécimens de plantes arctiques de l’Herbier du Musée pour la numérisation.

Rachel Bergeron – Numérisation de plantes de l’Herbier

Étudiante de 3e année en biologie à l’Université d’Ottawa, Rachel Bergeron s’est d’abord destinée à l’école de médecine puis a changé d’orientation pour une carrière en recherche.

Elle numérise certaines des innombrables plantes vasculaires de l’Herbier du Musée. La numérisation des plantes joue un rôle de premier plan dans le partage d’information sur les plantes avec les chercheurs du monde entier. Elle travaille sous la direction de Jennifer Doubt, la conservatrice de botanique du Musée qui supervise le traitement et la collecte de plus d’un million de spécimens de plantes sauvages du Canada.

Se décrivant comme une « maniaque de l’ordre, perfectionniste sur les bords », Rachel Bergeron tire beaucoup de satisfaction à numériser les plantes et à les ranger dans les collections.  

Son travail au Musée a été une révélation. «  C’est une expérience incroyable d’utiliser cet équipement et de travailler avec les collections », dit-elle. Elle trouve l’herbier très invitant et très accessible aux étudiants et aux chercheurs. La confiance que les scientifiques témoignent aux stagiaires est aussi quelque chose de motivant et de vivifiant.

Quant à son avenir scientifique, l’étudiante prévoit de poursuivre en maîtrise puis au doctorat et de s’orienter peut-être en physiologie ou en écologie des animaux.

Howard Martin © Musée canadien de la nature

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Tom Dudgeon avec des spécimens de Champsosaurus dans les collections du Musée.

Tom Dudgeon – Champsosaurus/paléontologie

Au premier cycle à l’Université Trent de Peterborough, Tom Dudgeon est passé de l’anthropologie à la biologie et a effectué une thèse sur un site de chasseurs-cueilleurs près de cette ville ontarienne.

Avec son diplôme en poche et le projet de s’orienter en paléontologie, il a commencé une maîtrise à l’Université Carleton en septembre 2017. Il travaille maintenant à l’anatomie crânienne de Champsosaurus, sous l’aile de Jordan Mallon, Ph. D., chercheur et paléontologue au Musée.

Disparu il y a environ 50 millions d’années, Champsosaurus ressemblait à un croisement entre le crocodile et l’iguane. Ce que Tom Dudgeon trouve particulièrement intéressant chez ce reptile, c’est l’étrange morphologie de son oreille interne, laquelle se situe au bas du crâne plutôt que sur les côtés.

Selon Tom Dudgeon, le « personnel est très professionnel et l’atmosphère du campus du Patrimoine naturel, détendue de sorte qu’il s’y sent bien ». Au début, il pensait qu’il devrait rester sur ses gardes et s’en tenir à son travail, mais il eut la réaction opposée dès le début de sa recherche. « Tout le monde aime être ici et on peut s’amuser tout en travaillant. »

La recherche de maîtrise de Tom Dudgeon bénéficie d’un appui par l’entremise de la subvention à la découverte accordée à Jordan Mallon par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada.