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De retour sur le terrain ! Les chercheurs du Musée retournent dans l’Arctique à la recherche de plantes et de petits mammifères

Paul Sokoloff (gauche), Yemisi Dare (droite) © Musée canadien de la nature

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(à gauche): Lynn Gillespie collectant des plantes en 2012 dans le parc territorial Katannilik du Nunavut. (à droite): Le paysage montagneux et la zone côtière du parc territorial Agguttini.

Ottawa, 19 juillet 2021— Cet été, les chercheurs du Musée canadien de la nature retournent dans l’Arctique après avoir été privés de travail de terrain l’été dernier à cause de la pandémie.  

Pendant cinq semaines, l’équipe de botanique dirigée par Lynn Gillespie, Ph. D., recensera et collectera des plantes et des lichens dans la région côtière peu explorée du centre de l’île de Baffin, avec le village de Kanngiqtugaapik (Clyde River) comme lieu d’arrivée. Ils travailleront dans le plus nouveau et le plus grand parc territorial du Nunavut : le parc Agguttinni, qui comprend des habitats essentiels à l’ours blanc et au caribou.

Pendant ce temps, le spécialiste des mammifères Dominique Fauteux poursuivra sa recherche de terrain annuelle sur les populations de lemmings et des espèces associées dans le nord du Québec (à Salluit, au Nunavik), ainsi que dans la région de Cambridge Bay sur l’île Victoria au Nunavut.

Ces deux projets contribuent, chacun à leur manière, à l’avancement des connaissances sur la biodiversité de l’Arctique alors que le Nord canadien subit les effets des changements climatiques.  

Jeff Saarela © Musée canadien de la nature

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Les hélicoptères permettra aux botanistes d’inventorier des zones difficiles d’accès. Ici des botanistes du musée, lors d’une expédition sur l’île Victoria en 2010.

Recenser la diversité botanique

L’expédition botanique, qui se déroulera du 19 juillet au 23 août, fait partie du projet du Musée sur la flore arctique. Son but est de collecter, d’identifier et de situer sur une carte les 800 espèces et plus de plantes vasculaires, de mousses et de lichens susceptibles de croître dans l’Arctique canadien. Les spécimens collectés, qui comprennent des échantillons destinés à des analyses d’ADN, sont préservés à des fins d’étude dans l’Herbier national du Canada du Musée à Gatineau, au Québec.   

Au cours des précédentes expéditions réalisées dans le cadre du projet sur la flore arctique pendant les 14 dernières années, les botanistes du Musée ont exploré des îles arctiques, ainsi que des régions continentales comme la vallée du fleuve Hornaday et le parc national Tuktut dans les Territoires du Nord-Ouest ainsi que la vallée du fleuve Coppermine et la région d’Arviat au Nunavut.

« L’expédition de cette année signera la première collecte exhaustive du centre de l’île de Baffin, explique Lynn Gillespie, qui a acquis une vaste expérience au cours de ses 16 expéditions dans l’Arctique échelonnées sur plus de 25 ans. C’est une zone très montagneuse avec des fjords et des vallées profondes, des habitats d’eau douce et des marais côtiers, ainsi que des types de roches qui abritent un vaste éventail de plantes. »

La chercheure est accompagnée de Paul Sokoloff, assistant de recherche principal qui a participé à neuf expéditions dans l’Arctique, et de Geoff Levin, Ph. D., chercheur associé. Les botanistes feront appel aux hélicoptères des Parcs du Nunavut pour se faire déposer dans cinq camps de base éloignés. Ils profiteront des longues journées arctiques pour parcourir de grandes distances chaque jour, les yeux rivés au sol, à la recherche de plantes et de lichens à collecter.

Durant l’après-midi, les chercheurs restent normalement au camp afin d’enregistrer, de traiter et de mettre sous presse les spécimens collectés. Les Parcs du Nunavut pourront se servir de l’inventaire botanique dressé par l’équipe comme données de référence dans la gestion des ressources et les activités d’interprétation.

Bien que la plupart des espèces soient connues, l’équipe n’exclut pas les surprises comme le lui ont montré les précédentes explorations dans d’autres régions de l’Arctique. « On trouve toujours des choses auxquelles on ne s’attendait pas », explique Lynn Gillespie. Elle donne l’exemple de l’habénaire à feuille obtuse (Plantanthera obtusata) et d’une fougère appelée cryptogramme de Steller, qui n’avaient jamais été observées dans les îles arctiques avant que les botanistes du Musée ne les y découvrent.  

Greg Rand © Musée canadien de la nature

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Dominique Fauteux prend des notes dans un site d’observation des lemmings près de Salluit en juillet 2021.

Suivre les populations de lemmings

Alors que les botanistes s’installeront à leur premier camp de base, Dominique Fauteux, Ph. D., terminera deux semaines de terrain plus au sud, dans la toundra entourant Salluit au Nunavik (au nord du Québec). Ce sera la troisième expédition qu’il entreprend à cet endroit depuis 2018, dans le cadre de sa recherche à long terme sur les lemmings et leur rôle dans les écosystèmes de la toundra.

Ces rongeurs phytophages comptent parmi les mammifères les plus abondants dans l’Arctique canadien. La hausse et le déclin cycliques de leurs populations ont d’importantes répercussions sur les prédateurs arctiques, par exemple le renard arctique, l’hermine, le Harfang des neiges ou le Faucon gerfaut.

Cette recherche se concentre sur les fluctuations du nombre des lemmings et les liens avec la biodiversité de la toundra. Le lemming d’Ungava (Dicrostonynx hudsonius), que l’on rencontre au Nunavik, est l’une des quatre espèces de lemming de l’Arctique canadien.

Dominique Fauteux est ravi de retourner dans le nord, où il a passé dix étés à étudier les lemmings et leur écologie depuis qu’il était étudiant à l’Université Laval. Greg Rand, spécialiste des oiseaux et gestionnaire des collections du Musée, l’accompagnera à Salluit.

Après deux semaines dans la région de Salluit à marquer les lemmings et à recueillir des données sur ces mammifères, Dominique Fauteux séjournera deux autres semaines à l’île Victoria du 5 au 19 août, à la Station canadienne de recherche dans l’Extrême-Arctique située près de Cambridge Bay.

« On connaît bien les cycles relativement constants de trois ou quatre ans au cours desquels les populations de lemmings augmentent, atteignent un sommet, puis diminuent et s’effondrent, explique le chercheur. Chaque phase de croissance et de déclin est bien documentée, mais il nous faut en savoir plus sur les raisons de ces hauts et de ces bas. »  

Une fois de retour au laboratoire du Musée à Gatineau, au Québec, Dominique Fauteux analysera les données démographiques comme les taux de reproduction et de survie, afin de comparer les populations de lemmings des diverses régions arctiques où il a fait des études sur le terrain.

Un mot sur le Musée canadien de la nature
Sauver le monde avec des preuves, des connaissances et de l'inspiration! Le Musée canadien de la nature est le musée national de sciences et d’histoire naturelles du Canada. Il a vocation à transmettre des idées fondées sur des faits, à procurer des expériences instructives et à favoriser une relation enrichissante avec la nature d’aujourd’hui, d’hier et de demain. Il y parvient grâce à sa recherche scientifique, à sa collection de 14,6 millions de spécimens, à ses programmes éducatifs, à ses expositions permanentes et itinérantes, et à son site Web dynamique nature.ca. Le Centre de connaissance et d’exploration de l’Arctique poursuit la tradition plus que centenaire du Musée au service de l'exploration de l'Arctique, en matière de recherche et de documentation sur la biodiversité du Nord canadien.

Renseignements pour les médias :
Dan Smythe
Relations avec les medias
Musée canadien de la nature
613-698-9253 (cell.)
dsmythe@nature.ca