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Les moules d'eau douce indigènes

 

De véritables usines de filtration!

Elliptios maigres de l'Est, Elliptio complanata, au fond de l'eau.
On voit bien les siphons grâce auxquels ces elliptios maigres de l'Est, Elliptio complanata, filtrent l'eau pour se nourrir et pour respirer.

Les moules d'eau douce indigènes, aussi appelées mulettes, constituent de véritables petites usines de filtration de l'eau de la rivière. Chaque moule peut filtrer jusqu'à 38 litres (environ 8 gallons) d'eau par jour. Comme elles se nourrissent de bactéries, telles que l'E. coli, et d'algues unicellulaires en suspension dans l'eau, les mulettes jouent un rôle crucial afin de garder l'eau de la rivière propre.

Dans la rivière Rideau, huit espèces de moules indigènes jouent ce rôle de filtre, ce qui est comparable au nombre qu'on trouve dans d'autres rivières de l'est de l'Ontario. Les espèces les plus courantes sont l'elliptio maigre de l'Est et la lampsile rayée, et les plus rares, l'alasmidonte rugueuse et le strophite ondulé.

Banc de moules d'eau douce indigènes.
Un banc de moules d'eau douce indigènes en santé.

Selon les résultats du Projet sur la biodiversité de la rivière Rideau, les mulettes sont les plus variées et les plus abondantes en amont de la rivière, dans les secteurs de Burritts Rapids, d'Andrewsville et du poste d'éclusage Old Slys. Les 8 espèces de mulettes de la rivière y ont été trouvées vivantes.

Les moules vivantes étaient les moins variées et les moins nombreuses dans la grande ville d'Ottawa, dans les secteurs de Manotick, de Billings Bridge, de Mooneys Bay et de Sandy Hill.

Dans certains de ces sites, on n'a trouvé aucune moule vivante. C'est également là qu'on a observé le plus de moules mortes.

Comme les moules sont sensibles à la pollution de l'eau et à la détérioration de l'environnement, plus les espèces de mulettes sont variées et abondantes, plus l'environnement aquatique est jugé « en santé » et l'eau considérée comme « propre ».


Moules zébrées, Dreissena polymorpha, sur une lampsile rayée, Lampsilis radiata.
Des moules zébrées, Dreissena polymorpha, agglutinées sur une lampsile rayée, Lampsilis radiata.

Des populations menacées

Les moules d'eau douce indigènes vivent en partie enfouies dans le sable, la vase ou les fonds graveleux de la rivière Rideau. Elles sont une source d'alimentation pour des mammifères comme le rat musqué ainsi que pour les oiseaux, les tortues et certains poissons.

Malheureusement, de nombreuses menaces pèsent sur les mulettes de la rivière Rideau. La plus visible, sans doute, est la présence croissante des moules zébrées dans la rivière. Ces petites moules d'origine européenne s'agglutinent sur les mulettes et les empêchent de se nourrir, de se déplacer et de respirer normalement.

Toutefois, la moule zébrée ne doit pas seule être pointée du doigt pour le déclin des populations de mulettes. La détérioration des berges de la rivière et la pollution modifient leur habitat et font fuir les espèces de poissons qui sont essentielles aux mulettes pour compléter leur cycle de reproduction.

Les sédiments charriés par les affluents ou soulevés lors des fluctuations du niveau d'eau de la rivière Rideau viennent recouvrir les mulettes, les empêchant de respirer et de se nourrir.

Effets de la présence des moules zébrées sur les mulettes de la rivière Rideau.
tableau - 1993
Légende
tableau - 1999


Une précieuse source d'information
Ligumie noire, Ligumia recta.
Ligumie noire,
Ligumia recta.
Les moules ont ceci de particulier que, mortes ou vivantes, elles représentent une source d'information très précieuse sur la qualité de l'environnement aquatique.

En effet, dans un milieu comme la rivière Rideau, les coquilles de moules peuvent prendre plusieurs décennies à se désagréger. En examinant les coquilles des moules mortes accumulées au fond de la rivière, les chercheurs peuvent savoir quelles espèces y vivaient auparavant, même s'ils n'en trouvent plus aucun spécimen vivant.

Par exemple, en 1993, des coquilles de ligumies noires mortes ont été trouvées près du pont Billings, à Ottawa, bien avant que la moule zébrée n'y fasse des ravages. Aucun spécimen n'y a été trouvé vivant au cours des travaux qui se sont poursuivis jusqu'en 2000. Les chercheurs en concluent que la détérioration de l'environnement a entraîné la disparition de la ligumie noire à cet endroit.

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 Images : Jacqueline Madill, André Martel