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Texte : « Puijila » en caractères inuktituts. Puijila, le phoque qui marchait. Collage de photos : linaigrette de Scheuchzer, Eriophorum scheuchzeri; l'équipe de recherche sur le terrain; le fossile de Puijila darwini reconstitué; un rocher dans le cratère Haughton, deux paléontologistes tamisant des sédiments.
Texte : English.
Texte : le mot « Inuktitut » en caractères inuktituts syllabiques.
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Le projet

Illustration 1) Vue aérienne d'une partie du cratère Haughton.

Un rocher dans le paysage du cratère Haughton. Ce bloc de roche a été éjecté lors de l'impact du météorite qui a créé le cratère.

L'Arctique au Miocène

Géographiquement, l'Arctique du Miocène était très différent de ce qu'il est aujourd'hui. Au lieu de l'archipel qu'il présente actuellement, l'Arctique formait une masse continentale continue reliée au Groenland et au reste de l'Amérique du Nord. Pendant la majeure partie des 100 derniers millions d'années, l'Arctique était aussi relié aux continents que sont aujourd'hui l'Asie et l'Amérique du Nord. Dans des conditions favorables, il a servi de voie intercontinentale et favorisé ainsi la dissémination des espèces dans de nouveaux territoires. En revanche, il a empêché la dispersion des taxons entre l'océan Arctique et le Pacifique Nord. Des ponts terrestres entre l'Amérique du Nord et l'Europe ont aussi existé, pour de courtes périodes, à travers l'Atlantique Nord.

Illustration 2) Un Labbe à longue queue, Stercorarius longicaudus, en vol.

Un Labbe à longue queue.

Du point de vue climatique, l'Arctique a également été le théâtre d'immenses bouleversements. Au Miocène, l'Arctique était un monde en transition à l'échelle géologique. Le climat était chaud — plus qu'aujourd'hui —, mais il était en train de se rafraîchir depuis déjà des millions d'années. De nouveaux habitats faisaient leur apparition. La flore et la faune des milieux chauds migraient vers le sud ou s'adaptaient aux nouvelles conditions. Les plantes et les animaux qui ont survécu dans cet environnement arctique plus frais ont pu être forcés de suivre de nouvelles voies évolutives.

En raison des ponts intercontinentaux et des bouleversements climatiques, la biodiversité de l'Arctique a été soumise à des pressions de sélection naturelle variées. Seuls les mammifères capables de supporter le climat arctique pouvaient se disperser vers l'Asie et l'Amérique du Nord. Certains ont emprunté une nouvelle voie évolutive pour s'adapter au refroidissement. Ces changements de climat et de biodiversité survenus au Miocène dans l'Arctique ont eu des répercussions sur la diversité biologique des régions méridionales et même sur celle que l'on connaît aujourd'hui. Une des questions à laquelle les recherches de Natalia Rybczynski tentent de répondre est la suivante : « Quelle est l'ampleur de ces répercussions? »

Illustration 3) Un homme attache un VTT à un autre pour le remorquer. Natalia Rybczynski et un autre homme regardent la scène.

Heureusement, les voisins viennent à la rescousse!

Paléobiologie arctique

À bien des égards, la recherche dans l'Arctique a été négligée par rapport à celle des zones méridionales. Ce retard s'explique surtout par les difficultés logistiques engendrées par le climat rude et l'inaccessibilité de ce milieu polaire. Bien après la Seconde Guerre mondiale, les expéditions paléontologiques et géologiques dans l'Arctique se faisaient encore par de petites équipes utilisant des traîneaux à chiens. Il n'est donc pas surprenant que la majeure partie de l'Arctique demeure un territoire peu connu sur le plan scientifique. Mais les choses commencent à changer : les petits avions et l'accroissement des subsides gouvernementaux favorisent les explorations scientifiques. L'Arctique est en train de devenir une région essentielle dans l'étude de la vie ancienne.




Illustration 4) Marisa Gilbert penchée sur un fossile, un pinceau à la main. Puijila darwini, spécimen NUFV405.

Marisa Gilbert prépare le fossile de Puijila pour une photo.

La recherche dans l'archipel Arctique a permis la mise au jour de fossiles remarquables. Par exemple, des types nouveaux ou rares de vertébrés, comme Tiktaalik, un parent datant du Dévonien d'un vertébré terrestre, ou encore les vestiges de forêts préhistoriques verdoyantes qui n'ont pas d'équivalent aujourd'hui. La découverte récente de fossiles exceptionnels comme celui de Puijila indique que le meilleur reste à venir. Natalia Rybczynski a devant elle de belles perspectives de recherche : découvrir davantage de fossiles capables de révéler des modes évolutifs et étudier les liens entre les variations des systèmes biologiques et celles de l'environnement.

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Illustration 6) Natalia Rybczynski et Liz Ross fouillant dans un tamis rempli de sédiments.