La morue franche est étroitement liée à l'histoire du Canada atlantique. Les écrits des premiers explorateurs européens relatent l'abondance des morues, que l'on pouvait ramasser avec un seau. Au fil du temps, leur nombre a décliné et, en 1992, à la suite d'un effondrement de la pêche à la morue sur la côte est du Canada, une interdiction absolue a été déclarée. La pêche excessive, la prédation des phoques et les changements climatiques sont autant de facteurs avancés pour expliquer la dépopulation de cette espèce.
La morue franche peut atteindre une longueur de 2 m (6,5 pi) et un poids de 95 kg (210 lb), mais le plus souvent elle pèse environ 5 kg (10 lb). Elle peut vivre jusqu'à 24 ans.
Les individus de cette espèce présentent une variété de couleurs, allant du gris, au vert en passant par le rouge et le brun. Un trait pâle, appelé ligne latérale, marque leur flanc. La morue franche est dotée d'un seul barbillon sensoriel au menton.
On compte quatre populations de morue franche, celles de l'Arctique, de Terre-Neuve et du Labrador, de la région nord-laurentienne et des Maritimes. Le COSEPAC (Comité sur la situation des espèces en péril au Canada) évalue séparément l'état de ces quatre groupes.
La morue franche fréquente normalement les eaux de la plateforme continentale de l'Atlantique Nord. Elle se nourrit à des profondeurs pouvant aller jusqu'à 350 m (1 148 pi), mais préfère les eaux moins profondes pour frayer.
Cette morue parvient à maturité à cinq ans. À partir de cet âge, elle fraie en général annuellement, bien qu'elle saute parfois une année.
Après l'éclosion, l'alevin mange du zooplancton et des petits crustacés. Puis, en grandissant, il se nourrit de crevettes et de jeunes homards. L'adulte chasse principalement le hareng et le capelan.
Les phoques sont ses principaux prédateurs. Avant 1992, la morue franche était le poisson le plus pêché. Sa chair est prisée pour son goût agréable et pour sa texture en larges feuillets.
Autrefois, la morue franche était séchée et salée et expédiée en Europe. Le Canada en était le principal exportateur. La morue salée, que l'on apprécie toujours aujourd'hui, est souvent remplacée par d'autres espèces depuis l'effondrement de la pêche à la morue franche.
|