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Des rejets d’océan deviennent art engagé

Graham Larose © Musée canadien de la nature.

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Pete Clarkson et Dan Law ont conçu et construit la sculpture dans l'atelier de Clarkson à Tofino, avant de la démonter pour l’expédier à Ottawa et de la reconstruire pièce par pièce dans la Galerie de l’eau.

Par Graham Larose, le 25 mai 2017

Une exposition surprenante attend les visiteurs du Musée canadien de la nature cet été : des ordures!

L’artiste Pete Clarkson, de Tofino, en Colombie-Britannique, a construit une sculpture pour le Pôle C3, dans la Galerie de l’eau, avec pour seuls matériaux des débris de la mer. Clarkson a crée la sculpture en collaboration avec son ami de longue date, l'artiste Dan Law.

Clarkson a été batteur de grève pendant la majeure partie de ses 30 ans à Parcs Canada. Depuis 2000, il transforme ses trouvailles des battures en art populaire. « J’ai ramassé moi-même chacun de ces objets sur le rivage », souligne-t-il. C’est inspirant et ça vous incite à en faire quelque chose de mieux que de les jeter aux ordures. »  

Les spectateurs s’étonneront de la variété des matériaux : ballons de soccer et tongs, filets de pêche, panier de pêche japonais, voire cerceau de hula-hoop.

Le tout est principalement le fruit de récoltes sur la côte Ouest, plus précisément dans la réserve de parc national Pacific Rim, mais Clarkson utilise aussi des objets qui lui sont envoyés d’un peu partout au Canada. Cette sculpture, par exemple, utilise quelques trésors du Nouveau-Brunswick et de l’Arctique.

Pour le sculpteur, l’offre du Musée était une occasion à ne pas manquer.

« Le Musée canadien de la nature est l’un des établissements les plus importants avec lesquels le Service des parcs aime entretenir des liens. Créer une sculpture pour le Musée, c’est pour moi le sommet des efforts de conservation déployés au Canada. »

L’art de Pete Clarkson a fait l’objet de deux documentaires, l’un sur le tri et le retour des objets emportés jusque sur les rivages canadiens par le tsunami du Japon en 2011. L’autre est l’œuvre de l’Office national du film, qui l’a suivi dans la construction d’une pièce à la mémoire des victimes de la catastrophe.

La sculpture exprime certes un message écologiste, mais elle a quelque chose de personnel, puisqu’elle intègre des débris qui appartenaient à deux amis et mentors de Clarkson, pour honorer leur mémoire.

Graham Larose © Musée canadien de la nature

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Ami de longue date, l’artiste Dan Law est venu lui aussi de Tofino pour aider Clarkson à assembler la sculpture. Les voici à étendre le filet de pêche qui englobe la sculpture.

Barry Campbell, un employé de Parcs Canada, était le « roi des flotteurs en verre de Tofino ». Ces flotteurs traditionnels continuent en effet de s’échouer sur le rivage et sont très prisés des collectionneurs. À la mémoire de Campbell, qui en possédait plus de 300, Clarkson en a incorporé un dans la sculpture. On y voit aussi un leurre, qui appartenait à Bob Redhead, un autre batteur de grève doublé d’un pêcheur passionné.

La création de Clarkson et Law sera la pièce maîtresse du projet éducatif fondé sur l’expédition Canada C3, qui longera les côtes canadiennes depuis l’été jusqu’au cœur de l’automne. Le voyage commencera à Toronto le 1er juin et se terminera à Victoria le 28 octobre.