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Questions et réponses sur l’emballante expédition Canada C3 et sur les défis scientifiques qui en découlent

Graham Larose © Musée canadien de la nature.

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Mark Graham dans les collections des invertébrés du musée.

par Graham Larose, le 5 juin, 2017

Une expédition unique le long des côtes du Canada, Canada C3, a débuté le 1er juin et le Musée canadien de la nature partagera son expertise scientifique tout au long de ce périple. Pour en savoir plus sur les aspects scientifiques de ce projet exceptionnel mené par la Fondation Students on Ice, nous avons rencontré le directeur des recherches et des collections, Mark Graham, qui participe à l’expédition en tant que chef scientifique.

Quel aspect de l’expédition Canada C3 vous emballe le plus?
L’une des choses qui m’intéressent, c’est que nous explorons non seulement l’Arctique, mais aussi le passage du Nord-Ouest, un élément géographique doté d’une profonde signification historique. J’ai toujours rêvé de faire ce voyage. D’un point de vue scientifique, c’est une occasion unique de recueillir des échantillons de partout au pays en une seule saison. Je suis convaincu que nous en tirerons des données fort utiles pour la science.

Quels sont les principaux champs d’intérêt des 22 études?
Les études portent sur quelques sujets thématiques. Le premier, c’est l’étude de la biodiversité côtière. Il comporte plusieurs volets. Certains projets se rapportent à l’observation des espèces sauvages, tels les oiseaux et les mammifères qui interagissent avec la surface de l’océan, mais nous étudions également les plantes terrestres, les invertébrés et les microalgues. Le deuxième thème est la qualité de l’eau, qui englobe l’étude des sons émis sous l’eau, non seulement par les animaux, mais aussi les sons industriels susceptibles de perturber les mammifères marins. De plus, nous évaluerons les signatures chimiques et les taux de microplastiques dans l’eau. Le troisième thème est l’étude des espèces envahissantes.

Qui prélève les échantillons pour ces études?
Les quatre scientifiques de chaque étape. Un autre chef scientifique et moi-même serons présents pour la plupart des étapes, ainsi qu’un technicien du ministère des Pêches et des Océans, un scientifique du Musée et un autre scientifique d’un des établissements participants, mais la composition du groupe changera d’une étape à l’autre.  

Vous attendez-vous à faire de nouvelles découvertes au cours de cette expédition?
La science repose en grande partie sur le travail d’enquête et la plupart de ces projets permettront de constituer des bases de données de l’histoire naturelle et des milieux marins de partout au Canada, mais surtout de l’Arctique. Puisque nous y verserons une grande quantité de données océanographiques, nous noterons la conductivité, la température, la salinité et les taux de chlorophylle et d’oxygène à des centaines d’emplacements, littéralement. Ces données s’ajouteront aux connaissances que les scientifiques possèdent déjà sur le fonctionnement des océans et sur la chimie océanique autour du Canada.

Quel a été l’un des plus grands défis lors de la préparation de l’expédition Canada C3?
J’ai travaillé avec Roger Bull [le coordonnateur du laboratoire de biodiversité moléculaire du Musée] pour mettre sur pied deux laboratoires à partir de rien, et c’était une tâche colossale. Roger a passé une semaine entière à déballer et à installer l’équipement. L’Université Dalhousie a obtenu des fonds de la Fondation canadienne pour l’innovation pour la création d’un laboratoire portatif dans un conteneur d’expédition ordinaire. Nous avons également dû commander 700 litres d’éthanol pour entreposer la majeure partie des échantillons de plancton et d’organismes benthiques. Logistiquement, c’était tout un casse-tête!

Une fois sur la route, quels grands défis vous attendez-vous à devoir relever?
Il y a des choses qu’on ne peut pas prévoir, comme la météo. Nous avons un superbe itinéraire et il est réglé au quart de tour en raison des nombreux arrêts que le navire doit effectuer. Si tout le monde est en parfaite santé, que la météo est de notre côté, que la glace demeure gérable et que tout notre équipement fonctionne, nous devrions pouvoir prélever des échantillons sept fois par étape. Dans les faits, j’espère que nous pourrons le faire de trois à cinq fois par étape.

Visitez le Musée et suivez l’expédition au pôle d’échanges de Canada C3 situé dans notre Galerie de l’eau.