1. Accueil>
  2. Au sujet du Musée>
  3. Nouvelles du Musée>
  4. Nouvelles>
  5. Pleins feux sur une collection de baleines exceptionnelle

Pleins feux sur une collection de baleines exceptionnelle

Pierre Poirier © Musée canadien de la nature

Fermer.

Ce squelette complet de béluga, Delphinapterus leucas, n’est qu’un des quelque 100 spécimens catalogués de la collection de baleines du Musée.

Pierre Poirier © Musée canadien de la nature

Fermer.

Ce crâne de rorqual commun, Balaenoptera physalus, de 4,3 m (14 pi) est l’une des pièces maîtresses de la salle d’entreposage des grands squelettes du Musée.

La captivante exposition Baleines Tohorā ne cesse d’attirer des visiteurs au Musée canadien de la nature depuis son ouverture en mars. Cette exposition itinérante réalisée en Nouvelle-Zélande est une occasion unique de se familiariser avec la diversité des cétacés et d’admirer les squelettes complets d’un couple de grands cachalots, les plus imposants prédateurs à dents de la planète.

Tous ces merveilleux spécimens reprendront le chemin du retour le 3 septembre, mais il restera, dans la Galerie Eau Bleue RBC située deux étages plus bas, un cétacé encore plus impressionnant. En effet, le Musée canadien de la nature possède son propre rorqual bleu : le squelette de 19 m (65 pi) d’un juvénile qui s’est échoué sur les côtes de Terre-Neuve en 1975. Après avoir été entreposé pendant plus de 20 ans, le squelette comportant 143 os a été monté au prix de laborieux efforts en vue de son exposition en 2010.

Avant sa grande sortie, le rorqual occupait, avec la centaine d’autres spécimens de baleines catalogués, la salle des grands squelettes de l’édifice des collections et de la recherche du Musée à Gatineau, au Québec.

Quand on pénètre dans cette aire, où la température et l’humidité sont contrôlées, on ne peut que s’émerveiller devant la diversité des baleines représentées. Le crâne de 4,3 m (14 pi) d’un rorqual commun mâle de 18 ans, la mandibule et les côtes d’un rorqual bleu adulte, le squelette complet d’un béluga et des vertèbres d’épaulard côtoient d’autres distingués spécimens.

« Nous disposons d’une bonne représentation de baleines à dents et de baleines à fanons, avec un total de 13 espèces », explique Kamal Khidas, Ph.D., conservateur des vertébrés. Tous les spécimens proviennent des eaux canadiennes; ils représentent des espèces communes, comme le rorqual à bosse, et d’autres plus rares, comme le rorqual boréal.

Crânes, côtes, vertèbres figurent parmi les grosses pièces que les chercheurs peuvent étudier. La plupart ont été collectées il y a plusieurs décennies, alors que les lois étaient plus laxistes et qu’on se préoccupait peu de conservation. Dans certains cas, il existe plusieurs spécimens de la même espèce. Par exemple, les 12 crânes de petit rorqual permettent d’effectuer des études comparatives de variation au sein de cette petite espèce de baleine à fanons. La collection contient aussi des spécimens rares comme une défense double de narval (qui est en fait une dent!).

Certaines étiquettes de spécimens fournissent des données sur la collecte. L’une d’elles nous apprend, par exemple, qu’une des défenses de narval a été collectée en 1928 près de Pond Inlet, à l’île de Baffin, par Rudolph Anderson, le naturaliste du Musée qui a pris part à l’expédition historique dans l’Arctique canadien.

Il existe également des milliers d’échantillons d’étude et des parties de baleines qui n’ont pas encore été triés et étudiés pour en déterminer précisément l’intérêt.

Kamal Khidas pense par exemple aux 1032 bulles tympaniques rangées dans les simples boîtes de carton qui s’empilent à l’arrière de la salle des squelettes. Il ouvre précautionneusement l’une d’elles pour en sortir un os de la grosseur du poing dont la forme évoque une conque. Mais pourquoi en garder autant? Les cétacés sont les seuls animaux à posséder des tympans détachés du crâne. Ces bulles tympaniques représentent une sorte d’empreinte qui permet de déterminer l’âge, le sexe et l’espèce; elles fournissent aux scientifiques le moyen d’étudier la diversité des baleines.

Ces os témoignent de l’évolution de la diversité des cétacés au fil du temps. Mais la collection du Musée canadien de la nature contient plus encore: des milliers d’échantillons de baleines qui lui viennent de la station biologique dans l’Arctique du ministère des Pêches et des Océans.

Ces spécimens de tissus mous ont été collectés dans tout l’Est de l’Arctique pendant une période de près de 46 ans, jusqu’à la fermeture de la station en 1992. Ils comprennent des organes internes comme des reins, des rates, des ovaires, des yeux et même des contenus stomacaux qui renseignent sur le régime alimentaire des baleines.

Kamal Khidas reconnaît à la fois la valeur de tous ces échantillons et les années de travail que leur examen et évaluation scientifiques et leur catalogage nécessiteront. Un fait est indéniable et le chercheur l’affirme : « Il est juste de dire que, tant par sa qualité que sa diversité, notre collection de baleines compte parmi les plus importantes au monde. »