1. Accueil>
  2. Au sujet du Musée>
  3. Nouvelles du Musée>
  4. Nouvelles>
  5. Une étudiante de l’Université Carleton répertorie les premiers os de dinosaures du Canada

Une étudiante de l’Université Carleton répertorie les premiers os de dinosaures du Canada

Alex Quesnel © Musée canadien de la nature.

Fermer.

Brigid Christison avec les objets de son étude : les premiers os de dinosaures trouvés au Canada. Elle compare également les formations géologiques des sites de découverte avec les sites qui existent de nos jours.
 

Par Alex Quesnel, 25 avril 2016

Pendant des années, les premiers fossiles de dinosaures du Canada, négligés par les scientifiques, sont demeurés enfouis dans les collections du Musée canadien de la nature.

Depuis, plus de 120 ans après leur découverte dans des régions du sud de l’Alberta et de la Saskatchewan, une étudiante de premier cycle de l’Université Carleton a commencé le laborieux travail de les cataloguer.

Brigid Christison travaille étroitement avec son superviseur Jordan Mallon, Ph. D., chercheur et paléobiologiste au musée, pour identifier les os.

« Nous voulons approfondir la nature de ce qui a été découvert et comparer la diversité des fossiles trouvés à l’époque avec ce que nous savons aujourd’hui sur ces sites, affirme Christison, actuellement dans la troisième année de son diplôme en sciences de la Terre, avec une concentration en paléontologie des vertébrés et en paléoécologie.

Son projet vise à identifier chaque os et le lieu où il a été trouvé. Malheureusement, la tâche est rendue difficile par la mauvaise documentation sur les os.

« Les os n’ont pas été étiquetés, dit-elle. C’est comme si les découvreurs avaient ramassé les os, les avaient mis dans une boîte et les avaient expédiés ici. »

Les scientifiques qui ont trouvé les fossiles sur divers sites tout au long des années 1880 comprenaient des personnalités importantes telles que George Dawson et Joseph Tyrrell, qui travaillaient pour la Commission géologique du Canada (CGC). Mais comme l’explique Christison, ils n’avaient ni la formation en paléontologie des vertébrés ni l’équipement pour saisir l’ampleur de la découverte.

« C’était presque tous des géologues. La science était moins spécialisée à l’époque, explique-t-elle. Dawson, qui a trouvé le premier os, était géologue de formation, alors il savait sans doute peu de choses sur les dinosaures. »

Il est probable que les os ont été trouvés par accident, alors qu’on cherchait des ressources naturelles comme le charbon. Au mieux, la CGC était à la recherche de fossiles, et non de dinosaures complets, simplement pour prouver que ceux-ci avaient en effet existé au Canada.

Alex Quesnel © Musée canadien de la nature

Fermer.

Brigid Christison tient la vertèbre d’un dinosaure à bec de canard (hadrosaure).

Environ une décennie avant les découvertes canadiennes, les États-Unis avaient été la scène de la guerre des os, qui opposait deux célèbres paléontologues : Edward Drinker Cope et Othniel Charles Marsh. Dawson, qui a trouvé les premiers os de dinosaures canadiens en 1874, avait en fait envoyé sa découverte à Cope à Philadelphie, parce que personne à la Commission géologique du Canada n’était qualifié pour les examiner.

Même s’il a fallu un peu plus de temps pour que le Canada attrape la fièvre des dinosaures, les provinces de l’ouest sont aujourd’hui connues pour renfermer certains des sites les plus riches du monde en dinosaures.

Christison s’est rendue au parc provincial Dinosaur en Alberta avec son père à l’été de 2013, où elle a remarqué que certains os de dinosaures sont plus précieux que d’autres aux yeux des scientifiques.

« Les guides touristiques déplaçaient littéralement des vertèbres avec leurs pieds pour les enlever du chemin, explique-t-elle. Aujourd’hui, je pense que personne ne se serait donné la peine de même ramasser ces os. »

Quoi qu’il en soit, les fossiles recueillis il y a plus d’un siècle racontent une histoire importante. Et même si des fossiles plus complets des mêmes créatures ont été mis au jour depuis et décrits scientifiquement, le travail de Christison est tout de même essentiel, d’après son superviseur Jordan Mallon, Ph. D.

« Nous en savons beaucoup sur les endroits visités par les premiers collectionneurs de la CGC et ce qu’ils ont fait, déclare Mallon. Mais nous en savons toujours très peu sur ce qu’ils ont recueilli précisément. Voilà l’importance du projet de Brigid : documenter ces découvertes historiquement importantes et rendre hommage aux hommes qui les ont recueillies. »

Les constatations de Christison seront compilées dans un article pour l’école, un rapport pour le musée et un résumé pour une conférence prochaine.