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Dixième anniversaire du partenariat « Sensibilisation aux milieux polaires »

Lee Narraway © Students on Ice

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Paul Hamilton (au centre, tenant un sac de plastique) et ses élèves au cours d’un atelier sur la qualité de l’eau pendant l’expédition arctique Students on Ice 2010.

Lee Narraway © Students on Ice

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Julian Starr donne des informations sur des plantes arctiques pendant une randonnée au fjord Sunneshine, à l'île de Baffin, pendant l'expédition de Students on Ice 2008. L'étudiant tient une plante nommée carex de Hepburn, Carex nardina, une espèce arctique-alpine.

En janvier 2001, la biologiste de la vie marine Kathleen Conlan, Ph. D., participait à une expédition sur le continent le plus austral de la planète. Le site n’était pas en soi extraordinaire pour cette scientifique du Musée canadien de la nature qui avait à son actif plusieurs voyages de terrain en Antarctique, plus précisément à la station McMurdo.

Ce qui était nouveau, c’était le cadre de recherche et les personnes qui l’accompagnaient. D’abord, elle séjournait dans un navire de recherche équipé pour les mers polaires. Ensuite, et c’était très différent de son travail de terrain à McMurdo, elle faisait partie d’une équipe très diversifiée d’éducateurs et de scientifiques intéressés au monde polaire qui encadraient des élèves de secondaire dans cette première et formidable expédition Students on Ice (SOI).

« J’étais emballée par ce projet, les jeunes étaient enthousiastes et nous avons visité des sites fascinants », se souvient Kathleen Conlan. Elle avait emporté un tas d’équipement, comme des filets à plancton, des pièges de dragage et un microscope afin que les élèves puissent collecter et identifier quelques minuscules créatures marines qui sont à la base de la vie océanique. « Je les ai incités – et ce n’était pas facile! – à regarder au-delà de la macrofaune, comme les baleines, les oiseaux ou les morses. Je leur expliquais qu’ils vivaient dans une “soupe”, entourés d’innombrables espèces à étudier de plus près. »

Dix années plus tard, le Musée canadien de la nature poursuit son partenariat avec Students on Ice, dont les expéditions éducatives en Arctique et en Antarctique transforment la vie de nombreux jeunes. Durant cette décennie, cinq scientifiques du Musée ont ainsi partagé leur passion pour le monde naturel et en particulier pour la flore et la faune polaires en participant à 11 croisières de deux semaines.

« Il ne s’agit pas simplement pour les scientifiques de partager leurs recherches avec les jeunes, mais aussi de passer du temps avec eux afin qu’ils puissent entrevoir ce qu’il faut pour devenir un scientifique et se passionner pour quelque chose », explique Geoff Green, le directeur administratif et le fondateur de SOI.

Et dans un cadre comme l’Arctique ou l’Antarctique, on baigne dans un milieu propice à l’apprentissage. « C’est une classe en pleine nature. Quand, par exemple, le botaniste Julian Starr parle des plantes arctiques, il le fait là où elles poussent. »

Le partenariat du Musée avec Students on Ice va bien au-delà de la présence de scientifiques sur le navire. Bien des expéditions dans l’Arctique ont commencé dans les coulisses du Musée, par la visite des collections et des laboratoires de recherche à Gatineau, au Québec. Les élèves y ont vu une partie des millions de spécimens conservés qui composent la biodiversité du Canada. En 2008-2009, durant l’Année polaire internationale, le Musée a collaboré avec SOI et l’Alliance des musées d’histoire naturelle du Canada pour organiser une série de conférences publiques dans tout le pays sur des questions touchant les régions polaires, ainsi que des forums jeunesse sur le thème « Que représente l’Arctique pour vous? »

Geoff Green explique que l’appui du Musée a été déterminant pour mener à bien son projet naissant à la fin des années 1990 : « Depuis le début et de concert avec la Commission canadienne des affaires polaires et la Société géographique royale du Canada, le Musée canadien de la nature a joué un rôle essentiel dans la réalisation de SOI. Il nous a accordé une confiance et un appui immédiats. »

Depuis le premier voyage en Antarctique, la vision de Geoff Green a attiré de nombreux scientifiques, artistes, historiens et aventuriers, lesquels ont enrichi chaque expédition par leurs connaissances et par leurs points de vue féconds sur les questions environnementales. Parmi ceux-ci figurent plusieurs scientifiques du Musée : Kathleen Conlan, les botanistes Julian Starr, Ph. D., et Lynn Gillespie, Ph. D., la paléobiologiste Natalia Rybczynski, Ph. D., et le phycologue et spécialiste des diatomées Paul Hamilton.

Mais ces chercheurs ne sont pas en vacances! Ils doivent en effet organiser au moins un atelier ou une activité d’apprentissage interactive et guider les élèves. Les longues journées sont remplies d’occasions d’apprentissage sans compter les événements culturels, les activités de socialisation et les excursions en plein air.

Au cours de l’expédition 2010 en Arctique, Paul Hamilton a, par exemple, demandé aux élèves d’analyser des échantillons d’eau et de recueillir des carottes de sédiments dans le cadre de son atelier sur la qualité de l’eau. En février 2011, Natalia Rybczynski a participé à un cours universitaire sur l’évolution des écosystèmes de l’Antarctique.

L’énergie transmise par les élèves et la rencontre de collègues oeuvrant dans d’autres disciplines ont pour effet de dynamiser les spécialistes, malgré leur emploi du temps chargé. Comme l’explique Geoff Green, « ici les scientifiques ont l’occasion de partager leur passion avec des jeunes désireux d’apprendre. C’est une courroie à double sens, puisque le personnel en ressort extrêmement motivé ».

Kathleen Conlan se remémore la rencontre, des années après l’expédition, d’un jeune participant fier de lui dire qu’il avait suivi des études en sciences environnementales : « J’étais si contente de voir que son expérience l’avait encouragé à poursuivre dans le domaine. » Paul Hamilton raconte qu’une élève lui avait envoyé un courriel après le voyage. Elle y expliquait à quel point son activité sur la diversité des lichens, des mousses et des algues lui avait ouvert les yeux sur ce monde qui se cachait sous ses pieds. « Cela m’a transporté dans mes années d’université alors que je donnais des cours en plein air. J’ai été revigoré à l’idée que je pouvais encore susciter chez des jeunes l’enthousiasme pour la recherche. »

À voir absolument!

Visionnez ces vidéos (en anglais, sous-titres français) de Paul Hamilton et de Lynn Gillespie.