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Des scientifiques canadiens décrivent une nouvelle espèce de bivalves vivant dans les profondeurs au large de la côte atlantique du Canada

Laura Sutin © Musée canadien de la nature.

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Jean-Marc Gagnon, Ph. D., compare la nouvelle espèce de lime géante (à gauche) à une lime de grandeur normale.

Ottawa, 31 août 2015—Des scientifiques canadiens ont décrit une nouvelle espèce de lime géante, qui avait été collectée pour la première fois en eau profonde il y a 30 ans, au large de Terre-Neuve. L’article scientifique publié aujourd’hui dans la revue Zootaxa est signé par des chercheurs du Musée canadien de la nature et de Pêches et Océans Canada (Institut océanographique de Bedford).

 « C’est le point culminant d’une histoire qui a débuté il y a plusieurs décennies alors que j’étais étudiant au doctorat et que j’ai observé pour la première fois ce bivalve dans un submersible au large des côtes terre-neuviennes, raconte Jean-Marc Gagnon, Ph. D., conservateur des invertébrés au Musée canadien de la nature. Nous avons d’abord pensé qu’il s’agissait de l’espèce européenne. »

Ces dernières années, on a collecté d’autres spécimens au large du Grand Banc ainsi que dans le Goulet, une aire marine protégée située à environ 220 km de la côte néo-écossaise. Grâce à des analyses d’ADN et à des études comparatives de divers spécimens de lime géante issus de collections muséales, Jean-Marc Gagnon et ses collègues ont pu déterminer que ces limes du nord de l’Atlantique constituaient une nouvelle espèce.

Avec une longueur variant de 9 à 15 cm, ces bivalves sont de deux à trois fois plus gros que les limes normales (que l’on nomme ainsi à cause des crêtes râpeuses à la surface de la coquille). Vivant à de grandes profondeurs, cette créature se fixe aux parois rocheuses exposées des canyons, où l’on trouve d’autres espèces d’eau profonde comme les coraux d’eau froide. Le nom scientifique de cette lime, Acesta cryptadelphe, signifie « soeur cryptique » en raison de la similitude de forme et de structure avec l’espèce européenne déjà décrite, Acesta excavata.

L’histoire de l’identification de cette nouvelle espèce est aussi une histoire de technologie, déclare la coauteure de cette étude Ellen Kenchington, Ph. D., de l’Institut océanographique de Bedford à Dartmouth, en Nouvelle-Écosse.

Pêches et Océans Canada © Pêches et Océans Canada

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Une grappe de limes géantes appartenant à la nouvelle espèce, Acesta cryptadelphe. Elles étaient fixées à une paroi rocheuse dans le Goulet, une aire marine protégée située à environ 220 km au large de la Nouvelle-Écosse.

Les scientifiques de l’Institut ont eu recours à ROPOS, un véhicule sous-marin télécommandé muni de caméras et de bras articulés, pour recueillir de nouveaux spécimens de bivalves alors qu’ils travaillaient dans les profonds canyons de l’aire marine protégée du Goulet. Avant même de retourner dans leurs laboratoires, ils ont pu utilisé de nouvelles techniques génétiques à bord de l’Hudson, le navire de recherche de la Garde côtière canadienne, pour traiter l’ADN des bivalves.

« Grâce à ces technologies, nous avons pu photographier et collecter des spécimens intacts et procéder au traitement de leur ADN sur le navire. Ainsi, nous avons su très tôt que nous avions en main quelque chose de spécial, explique Ellen Kenchington. Le Goulet continue de nous émerveiller avec ces nouvelles découvertes. Cette aire marine protégée est un endroit extraordinaire. »

Quand Jean-Marc Gagnon a découvert les premiers spécimens dans les années 1980, il a décelé leur aspect insolite et leur ressemblance avec les coquilles Saint-Jacques, mais il travaillait alors sur un autre sujet et ne s’y est pas attardé. Ce n’est que des années plus tard qu’il a commencé à les examiner de plus près au Musée.    

« Nous ne disposions que d’un nombre limité de spécimens, mais nous pouvions à l’époque conclure que leur morphologie était suffisamment proche de celle de la lime géante européenne pour penser que nous avions vraisemblablement des spécimens de cette espèce connue non encore observés à des latitudes nordiques, explique Jean-Marc Gagnon. Jusque-là, la présence de limes géantes européennes de ce côté-ci de l’Atlantique n’était connue que dans les Antilles et le golfe du Mexique.

Mais quand le chercheur a reçu les spécimens collectés en 2007 et 2010 par Ellen Kenchington et son équipe, il s’est rendu compte qu’ils ressemblaient aux bivalves qu’il avait collectés en 1984 près de Terre-Neuve. Grâce notamment à d’autres spécimens recueillis par des chercheurs espagnols au large du Grand Banc, Jean-Marc Gagnon a pu comparer les nouveaux spécimens aux six espèces connues de limes géantes. L’étude repose sur l’examen de plus de 150 spécimens.

Les résultats confirment que la forme et la structure ne peuvent à elles seules singulariser l’espèce du nord-ouest de l’Atlantique par rapport à l’espèce européenne et aux autres espèces connues. Mais les nouvelles technologies ADN et les analyses génétiques fournies par l’Institut océanographique de Bedford attestent que l’espèce « cryptique » est génétiquement distincte de la lime géante européenne et représente une nouvelle espèce que l’on a appelée Acesta cryptadelphe.

« Notre persévérance vient démontrer que l’on peut encore faire des découvertes dans les profondeurs des océans. Les collections muséales ainsi que les analyses génétiques jouent un rôle de premier plan dans l’avancement de nos connaissances », ajoute Jean-Marc Gagnon.

Un mot sur le Musée canadien de la nature
Le Musée canadien de la nature est le musée national de sciences et d’histoire naturelles du Canada. Il a vocation à transmettre des idées fondées sur des faits, à procurer des expériences instructives et à favoriser une relation enrichissante avec la nature d’aujourd’hui, d’hier et de demain. Il y parvient grâce à sa recherche scientifique, à sa collection de 10,5 millions de spécimens, à ses programmes éducatifs, à ses expositions permanentes et itinérantes, et à son site Web dynamique nature.ca. La collection du Musée comprend plus d’un million d’invertébrés marins, dont cette nouvelle espèce, Acesta cryptadelphe.

Un mot sur l'Institut océanographique de Bedford
L'Institut océanographique de Bedford (IOB) est un établissement de recherche moderne situé sur les rives du bassin de Bedford, à Dartmouth, en Nouvelle-écosse. Il a été créé en 1962 par le gouvernement du Canada (l'ancien ministère des Mines et des Relevés techniques, maintenant le ministère des Ressources naturelles du Canada). Au cours des 50 dernières années, il s'est progressivement imposé comme le plus grand centre de recherche océanographique du Canada.

MÉDIAS : Des images et un extrait de vidéo (qui montre une grappe de limes géantes dans les eaux profondes) sont disponibles sur demande.   

Informations pour les médias : 
Dan Smythe
Agent principal des relations avec les médias
Musée canadien de la nature6
13.566.4781; 613.698.9253 (cell)
dsmythe@mus-nature.ca

Stephen Bornais
Conseillèr en communications
Pêches et Océans Canada
Région des maritimes
902.471.6797 (cell)
Stephen.Bornais@dfo-mpo.gc.ca