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Une nouvelle étude du Musée révèle la riche diversité botanique le long du fleuve Coppermine au Nunavut

300 espèces

Paul Sokoloff © Musée canadien de la nature

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Au nombre des espèces dont il est question dans cet article figurent Carex gynocrates (en haut à gauche, nouvelle au Nunavut continental), Allium schoenoprasum (la ciboulette, à droite, nouvelle au Nunavut) et Botrychium tunux (en bas, à gauche, nouvelle au Nunavut). 

 

Ottawa, 27 février 2017 — Les botanistes du Musée canadien de la nature ont effectué une recension de référence des espèces végétales de la région du fleuve Coppermine au Nunavut continental, dans la partie septentrionale de la limite des arbres.

L’équipe a recensé 300 espèces de plantes vasculaires sur un territoire de 1200 km2 le long du fleuve. Les résultats, qui comprennent une liste exhaustive des espèces, ont fait l’objet d’une publication dans la revue en ligne à accès libre PeerJ. La fiche de pointage, sur laquelle on consigne toutes les plantes – des graminées et des carex aux saules frutescents et aux épinettes – indique une hausse de 36 % du nombre d’espèces par rapport aux 190 espèces précédemment observées dans cette région par des naturalistes et des explorateurs au cours des 200 dernières années.

Ces données proviennent de l’analyse d’une collection d’environ 1200 plantes cueillies le long du fleuve Coppermine en juillet 2014 par l’équipe de botanistes.

« Ces résultats montrent qu’il reste encore beaucoup à apprendre sur la diversité végétale dans l’Arctique et illustrent ce que peuvent accomplir des scientifiques rompus à la systématique des plantes quand ils vont sur le terrain pour réaliser une recension exhaustive », explique Jeff Saarela, Ph. D., botaniste du Musée et auteur principal de l’article. 

Jeff Saarela et ses deux collègues, Paul Sokoloff et Roger Bull, ont ciblé le fleuve Coppermine parce qu’ils pouvaient y suivre la transition entre la forêt boréale au sud – où se termine la limite des arbres – et un habitat de toundra en se dirigeant vers le littoral. Ils ont exploré ce territoire à partir de trois campements de base : l’un situé à la limite des arbres, l’autre le long du fleuve où la toundra prédomine et le dernier près du village côtier de Kugluktuk, dans le nouveau parc territorial Kugluk (Bloody Falls).

« Nous avons choisi le fleuve Coppermine en partie parce que nous souhaitions obtenir un recension de référence actualisée, sachant que la distribution des espèces a pu varier en raison des changements climatiques. Or ces changements se manifesteraient d’abord près de la limite des arbres, explique Jeff Saarela. Les résultats révèlent une diversité florale très riche. »

Sur les centaines d’espèces recensées : 7 étaient des espèces nouvellement observées au Nunavut continental, 14 n’avaient jamais été signalées dans tout le territoire et 56 affichaient une distribution géographique accrue, notamment de nouvelles limites septentrionales pour beaucoup d’entre elles.

Parmi les deux espèces nouvelles dans le territoire du Nunavut figurent la ciboulette (Allium schoenoprasum) et le bouleau fontinal (Betula occidentalis). Ces espèces boréales, communes sous la limite des arbres, ont été observées dans la toundra le long du cours septentrional du fleuve Coppermine. D’autres cas d’espèces boréales affichant une avancée vers le nord, comme la linnée boréale et la grassette, sont venus conforter l’équipe dans son hypothèse initiale, à savoir que la vallée du fleuve Coppermine, où se fait la transition entre la forêt et la toundra, abriterait une biodiversité exceptionnelle pour le Bas-Arctique.                                  

Cette étude sur le fleuve Coppermine vient enrichir les données sur les plantes vasculaires de l’Arctique canadien et leur distribution qu’ont réunies Jeff Saarela et ses collègues du Musée. Tout cela fait partie d’un ambitieux projet dirigé par le Musée : une flore en ligne à jour des quelque 800 espèces de plantes vasculaires de l’Arctique canadien et du nord de l’Alaska, qui servirait de référence scientifique.

Pour parvenir à leurs fins, les botanistes du Musée dépouillent les registres des collections muséales et des articles publiés et tentent de combler les lacunes par des expéditions dans les régions peu explorées de l’Arctique. Des expéditions précédentes ont permis de mettre à jour les inventaires de plantes dans trois secteurs : l’île Victoria; le parc national Tuktut Nogait et le fleuve Hornaday dans les Territoires du Nord-Ouest; les rives de la rivière Soper au sud de l’île de Baffin. En juillet 2017, Paul Sokoloff et le lichénologiste du Musée Troy McMullin, Ph. D., exploreront l’île d’Ellesmere dans le Haut-Arctique.

Au sujet du Musée canadien de la nature
Le Musée canadien de la nature est le musée national de sciences et d’histoire naturelles du Canada. Il a vocation à transmettre des idées fondées sur des faits, à procurer des expériences instructives et à favoriser une relation enrichissante avec la nature d’aujourd’hui, d’hier et de demain. Le Musée accomplit sa mission grâce à ses recherches scientifiques, sa collection de plus de 14 millions de spécimens, ses programmes éducatifs, ses expositions permanentes et itinérantes et son dynamique site Web nature.ca.

Renseignements pour les médias, et pour obtenir des images :
Dan Smythe
Relations avec les médias
Musée canadien de la nature
613.566.4781; 613.698.9253 (cell.)
dsmythe@mus-nature.ca