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Le Musée canadien de la nature identifie une nouvelle espèce de dinosaure à cornes muni d’un « bouclier d'épines »

Martin Lipman © Musée canadien de la nature

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Jordan Mallon, Ph.D et le crâne reconstitué du Spiclypeus shipporum (collection #CMNFV 57081).

OTTAWA, 18 mai 2016 — La découverte fortuite d’un fossile au Montana il y a dix ans a conduit à l’identification d’une nouvelle espèce de dinosaure à cornes. C’est un scientifique du Musée canadien de la nature qui dirigeait l’équipe de recherche internationale qui a décrit ce dinosaure herbivore. Les résultats sont publiés aujourd’hui dans la revue scientifique PLOS ONE.

Le musée a accueilli ce spécimen dans sa collection nationale de fossiles, qui comprend un échantillon des plus beaux dinosaures à cornes du monde. Le paléontologue du Musée Jordan Mallon, Ph. D., a réalisé l’analyse scientifique qui a établi que ce spécimen représentait une espèce nouvelle. Il fait partie du nombre croissant de cératopsidés récemment découverts (dinosaures quadrupèdes portant généralement des cornes sur la face et une collerette élaborée sur la tête).  

Jordan Mallon a donné le nom scientifique de Spiclypeus shipporum (spi-CLIP-ee-us ship-OR-um) à ce dinosaure qui vivait il y a environ 76 millions d’années. Spiclypeus est la combinaison de deux mots latins signifiant « bouclier à épines » et décrivant son impressionnante collerette festonnée d’épines triangulaires. Le nom shipporum rend hommage à la famille Shipp, sur les terres de laquelle on a mis au jour le fossile près de Winifred, au Montana.

Environ la moitié du crâne de Judith ainsi que des morceaux de membres, de hanche et de colonne vertébrale se sont préservés sur cette pente silteuse qui faisait partie d’une ancienne plaine alluviale.

« Ce spécimen vient enrichir de façon spectaculaire notre collection de dinosaures à cornes qui vivaient en Amérique du Nord il y a de 85 à  66 millions d’années, explique Jordan Mallon, qui a collaboré avec des chercheurs au Canada et aux États-Unis. Ce nouveau fossile témoigne de la diversité qui existait chez les dinosaures de la fin du Crétacé dans une région qui vraisemblablement offrira encore de nouvelles découvertes. »

Mike Skrepnick © Mike Skrepnick

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Une vue d’artiste de Judith, la nouvelle espèce de dinosaure Spiclypeus shipporum. Sa patte gauche, infectée, reste près du corps, incapable de soutenir le poids du dinosaure.

Ce qui distingue Spiclypeus shipporum des autres dinosaures à cornes, comme le bien connu Triceratops, est l’orientation des cornes situées au-dessus des yeux : elles pointent vers les côtés du crâne. Les épines qui bordent la collerette présentent également un motif hors de l’ordinaire : certaines frisent vers l’avant alors que d’autres se projettent vers l’extérieur.

« À cet égard, Spiclypeus est une espèce de transition entre les formes plus primitives, chez lesquelles toutes les pointes à l’arrière de la collerette rayonnent vers l’extérieur, et des formes comme Kosmoceratops, chez lesquelles ces épines frisent vers l’avant », explique le paléontologue du Musée.

Bien que ce fossile porte maintenant un nom scientifique, on l’appelle communément « Judith » en référence à la formation géologique Judith River dans laquelle on l’a mis au jour. Jusqu’à son achat par le Musée en 2015, le fossile appartenait officiellement à Bill Shipp, Ph. D., qui l’avait trouvé sur sa propriété acquise en 2005.

Bill Shipp a investi temps et argent pour effectuer les fouilles et préparer les os, avec une équipe de bénévoles et de paléontologues, dont les coauteurs de l’étude publiée dans PLOS ONE, Chris Ott et Peter Larson.

« Je n’aurais jamais imaginé tomber sur une nouvelle espèce la première fois que je partais à la recherche de fossiles, s’exclame M. Shipp, un physicien à la retraite qui se passionne pour les dinosaures depuis qu’il a déménagé dans cette région riche en fossiles du Montana. En tant que scientifique, je me réjouis que le Musée canadien de la nature ait reconnu l’intérêt de ce spécimen et qu’il le mette maintenant à la disposition des chercheurs du monde entier. »

À part les cornes et la collerette qui ont contribué à déterminer que Judith appartenait à une nouvelle espèce, on a aussi étudié ses autres os dont certains mettent en évidence les souffrances que l’animal a endurées pendant sa vie. Son humérus (partie supérieure du membre avant) montre des signes d’arthrite et d’ostéomyélite (infection de l’os) selon l’analyse du docteur Edward Iuliano, radiologiste au centre médical de la région de Kadlec, à Richland, dans l’État de Washington.

Joe Small © Joe Small

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Le site de fouille à flanc de colline dans l’État américain du Montana. Quand Judith vivait, il y a environ 76 millions d’années, cette région était une plaine alluviale, sillonnée de cours d’eau.

« En examinant la région près du coude, vous voyez une grande ouverture qui s’est formée pour drainer l’infection. On ignore comment cette infection s’est produite, mais on sait qu’elle a dû causer de terribles souffrances à l’animal pendant des années et qu’elle l’a sûrement empêché de se servir de son membre gauche pour se déplacer », explique Jordan Mallon. Malgré cette blessure, l’animal aurait vécu jusqu’à maturité selon l’étude des anneaux de croissance annuels des os effectuée par David Evans, Ph. D., du Musée royal de l’Ontario. Le dinosaure avait au moins 10 ans à sa mort.

Selon Jordon Mallon et son équipe, on a identifié jusqu’à présent neuf espèces de dinosaures (dont Spiclypeus shipporum) dans la formation Judith River au Montana. Certaines se rencontrent également en Alberta, qui possède des séquences fossiles beaucoup plus riches, mais d’autres, comme Spiclypeus, sont uniques au Montana. Jordon Mallon fait remarquer qu’aucune de ces espèces ne se retrouvent dans les États américains plus au sud, ce qui laisse croire que les dinosaures de l’Ouest de l’Amérique du Nord étaient très localisés il y a environ 76 millions d’années. D’après les recherches précédentes du paléontologue, les nombreuses espèces qui formaient ces communautés de dinosaures herbivores pouvaient pratiquer la spécialisation alimentaire, un phénomène connu sous le nom de différenciation de niche.

Une exposition sur Spiclypeus shipporum ouvrira au public le 24 mai au Musée canadien de la nature à Ottawa. On pourra y admirer la reconstitution du crâne, ainsi que l’humérus malade et d’autres os de ce fossile extraordinaire.

Plus sur cette histoire : des vidéos, un album de photos, un modèle 3D et une carte aident à raconter l’histoire de Spiclypeus shipporum.

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Un mot sur le Musée canadien de la nature
Le Musée canadien de la nature est le musée national de sciences et d’histoire naturelles du Canada. Il a vocation à transmettre des idées fondées sur des faits, à procurer des expériences instructives et à favoriser une relation enrichissante avec la nature d’aujourd’hui, d’hier et de demain. Le Musée accomplit sa mission par plusieurs voies : ses recherches scientifiques, l’accès à ses collections réunissant plus de dix millions et demi de spécimens, ses programmes éducatifs, ses expositions permanentes et itinérantes et son dynamique site Web nature.ca. La collection de fossiles du Musée comprend les spécimens-types de plusieurs espèces de dinosaures, qui ont un grand intérêt scientifique, comme ceux de Styracosaurus albertensis, Chasmosaurus belli, Centrosaurus apertus et, maintenant, Spiclypeus shipporum.

Renseignement pour les médias, et demandes pour des entrevues, et photos/vidéos :
Dan Smythe
Agent principal des relations avec les médias
Musée canadien de la nature
613-566-4781; 613-698-9253 (cell)
dsmythe@mus-nature.ca