1. Accueil>
  2. Au sujet du Musée>
  3. Nouvelles du Musée>
  4. Médias>
  5. Communiqués>
  6. Une mission scientifique du Musée canadien de la nature dans le Grand Nord sera consacrée aux lichens

Une mission scientifique du Musée canadien de la nature dans le Grand Nord sera consacrée aux lichens

Paul Sokoloff © Musée canadien de la nature

Fermer.

Troy McMullin, Ph.D, recueille des lichens dans la région d’Arviat (Nunavut), à l’été 2016.

 

 

Ottawa, le 30 juin 2017 — Deux scientifiques du Musée canadien de la nature examineront le sol de près en juillet, dans le cadre d’une expédition de trois semaines et demie dans le Grand Nord canadien. Leur objectif : recueillir un maximum d’espèces de lichens, forme de vie dominante de la région. Ces petits végétaux méconnus sont essentiels au maintien du cycle de la vie dans l’Arctique. 

« Les lichens se retrouvent dans presque tous les milieux terrestres de la planète. Certaines espèces sont indicatrices de la qualité générale du sol et de l’air; un peu comme les canaris dans les mines de charbon », explique Troy McMullin, le lichénologue du Musée qui dirigera cette expédition dans les régions les plus septentrionales du Canada. Il sera accompagné de son principal assistant de recherche, Paul Sokoloff, un botaniste qui a déjà participé à six expéditions de collecte de plantes en Arctique.

Les deux hommes partiront le 1er juillet et reviendront le 25 juillet. Leur voyage culminera par un séjour d’une semaine aux abords du lac Hazen, l’un des lacs les plus septentrionaux du Canada, au bout de l’île d’Ellesmere. Là bas, sur le territoire même du parc national Quttinirpaaq, le soleil brille jour et nuit en cette saison. Les scientifiques auront donc amplement de temps à leur disposition pour faire leur travail.

Lynn Gillespie © Musée canadien de la nature

Fermer.

Le lac Hazen, à l’île d’Ellesmere. Les microhabitats qui l’entourent se caractérisent par une flore arctique très diversifiée. Les scientifiques du musée ont déjà exploré la région à la recherche de plantes, mais c’est la première fois qu’une expédition est consacrée spécifiquement aux lichens.

Mais c’est dans les environs de Resolute, sur l’île Cornwallis, qu’ils commenceront leur collecte de lichens et de plantes vasculaires. Six jours plus tard, ils iront poursuivre leurs activités pour encore quelques jours dans le secteur de la station de recherche Eureka sur la péninsule de Fosheim, à l’île d’Ellesmere. Ils se rendront ensuite à l’île Axel-Heiberg, non loin de là, pour travailler à la Station de recherche arctique de McGill.

« C’est une tournée éclair du Grand Nord, et on se concentrera cette fois-ci sur les lichens », précise Paul Sokoloff. Les autres expéditions muséales visant à documenter la diversité de la flore arctique, explique-t-il, étaient plutôt consacrées aux plantes vasculaires comme les carex, les arbustes, les graminées, les saxifrages et les mousses. « L’expertise de Troy nous permettra de combler des lacunes importantes dans notre connaissance de la flore arctique. »

Les scientifiques se rendront aux différents sites à bord d’appareils Twin Otter mis à leur disposition par le Programme du plateau continental polaire. Ils utiliseront un hélicoptère pour prospecter la péninsule de Fosheim à la recherche d’habitats intéressants. Au sol, ils chausseront leurs bottes pour aller inventorier les espèces et recueillir des spécimens destinés aux collections nationales du Musée.

Le Musée canadien de la nature possède une extraordinaire collection de lichens. Les quelque 150 000 spécimens qui la composent ont été recueillis et classés principalement par le chercheur émérite Irwin Brodo. Les diverses régions du Canada y sont bien représentées, mais M. Brodo n’a recueilli des spécimens qu’une seule fois dans l’Arctique, sur l’île Bathurst. L’expédition de MM. McMullin et Sokoloff permettra d’obtenir un portrait beaucoup plus complet de la diversité des lichens.

« Il y a environ 1 000 espèces de lichens dans l’Arctique canadien et autour de 1 700 dans l’ensemble des régions arctiques de la planète. Je pense qu’il reste beaucoup d’espèces à découvrir au Canada, notamment dans les régions encore peu explorées comme le Grand Nord, prétend Troy McMullin. Ces collections enrichiront l’inventaire des espèces connues et des lieux où elles se trouvent. Elles serviront de base à de futures études sur l’écologie de l’Arctique. »

L’expédition s’inscrit dans le cadre du Projet de la flore arctique, mené par le Musée. Cette initiative internationale vise à recueillir, à cartographier et à identifier les quelque 800 espèces de plantes vasculaires (ainsi que de lichens et de mousses) qui peupleraient l’Arctique canadien et le nord de l’Alaska. Le soutien logistique de l’expédition est assuré par l’Étude du plateau continental polaire.

Un mot sur les lichens
Les lichens sont présents sur tous les continents et poussent dans des milieux aussi inhospitaliers que les régions polaires et les déserts. Vous en trouverez même dans votre cour! Les lichens sont formés de l’association d’un champignon et d’une algue verte ou d’une cyanobactérie (ou parfois des deux). Certains lichens fixent l’azote dans le sol et constituent la principale source de nourriture du caribou. L’un des lichens les plus fréquents en Arctique est la xanthorie élégante (Xanthoria elegans), qui se distingue par sa couleur orange vif.

-30-

Un mot sur le Musée canadien de la nature
Le musée national de sciences et d’histoire naturelles du Canada a vocation à transmettre des idées fondées sur des faits, à procurer des expériences instructives et à favoriser une relation enrichissante avec la nature d’aujourd’hui, d’hier et de demain. Le Musée accomplit sa mission grâce à ses recherches scientifiques, sa collection de plus de 14 millions de spécimens, ses programmes éducatifs, ses expositions permanentes et itinérantes et son dynamique site Web nature.ca. Le Centre de connaissance et d’exploration de l’Arctique poursuit la tradition plus que centenaire du Musée en matière de recherche, de documentation et de collection sur la biodiversité du Nord canadien. 

Contact médias et images
Dan Smythe
Relations avec les médias
Musée canadien de la nature
613.566.4781; 613.698.9253 (cell.)
dsmythe@mus-nature.ca