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Texte : nos trésors préféres. Photo : Diamant Montage d'images : crâne fossilisé d'un Daspletosaurus torosus CMNFV8506; illustration d'un Nicrophorus sayi; fleurs de saxifrage à feuilles opposées.
Introduction Animaux Fossiles Minéraux Plantes et lichens Crâne d'un Daspletosaurus torosus CMNFV8506. English

Coelacanthe moderne, Latimeria chalumnae

Une histoire fascinante

Afrique du Sud, été 1938. Le chauffeur de taxi devait bien se demander s'il avait toute sa raison; enfin, lui ou sa passagère. Car pourquoi voudrait-on traîner un poisson mort de plus d'un mètre de long d'un bout à l'autre de la ville par cette journée torride? Et pourquoi avait-il accepté de prendre cette femme et son étrange cargaison?

Bien qu'elle ne l'ait pas reconnu, Marjorie Courtney-Latimer savait d'instinct que ce poisson avait quelque chose de très particulier dès qu'elle l'aperçut sur le quai d'East London, en Afrique du Sud, où il avait été laissé à son intention par le capitaine d'un chalutier qui lui réservait, pour son petit musée, les spécimens étranges qu'il lui arrivait de prendre dans ses filets. Ne parvenant pas à l'identifier, elle en fit un croquis qu'elle annexa à une lettre à l'intention de son collègue de Grahamstown, J.L.B. Smith. Cette lettre eut l'effet d'une bombe sur ce dernier, qui crut reconnaître, d'après le dessin et la description, un coelacanthe -- une espèce de poisson dont on possédait nombre de fossiles, mais que l'on croyait disparue depuis 75 millions d'années. Son hypothèse se confirma lorsqu'il put enfin examiner le spécimen quelques mois plus tard. Il s'agissait bel et bien d'un coelacanthe, chose aussi étonnante et improbable qu'un stégosaure faisant ses courses en plein centre-ville.

La lettre de Marjorie Courtney-Latimer.

Image détailléeLa célèbre lettre de Marjorie Courtney-Latimer (qui obtient ensuite son doctorat et fut faite chevalier) à J.L.B. Smith.

 

Croquis réalisé par Marjorie Courtney-Latimer.

Image détailléeCroquis rapide du poisson mystérieux, réalisé par Marjorie Courtney-Latimer, et que J.L.B. Smith reconnut immédiatement, à son grand étonnement, comme étant un coelacanthe.

Smith baptisa la nouvelle espèce Latimeria chalumnae et se consacra à la recherche d'autres spécimens plus au nord, dans l'Océan Indien autour de Madagascar, d'où lui semblait provenir le coelacanthe. Le taxidermiste n'ayant pu conserver les tissus mous du poisson, Smith était résolu à trouver un autre spécimen pour permettre aux scientifiques de l'étudier dans les règles de l'art.

Sa femme et lui parlèrent de ce projet à tous les scientifiques qu'ils rencontrèrent au cours de leurs voyages, et leur démarche porta miraculeusement fruit. À la fin de 1952, on pêcha un coelacanthe au large de l'archipel des Comores. Anxieux de pouvoir récupérer le poisson en bon état, Smith réussit à convaincre le premier ministre de l'Afrique du Sud, M. Malan, de lui fournir un avion et du personnel militaire pour aller le chercher. Dans son journal, Smith écrivit qu'il pleura en apercevant le deuxième coelacanthe.

 

Le 30 juillet 1998, des pêcheurs qui mouillaient leurs filets près des côtes de l'Indonésie, à quelque 10 000 km de l'archipel des Comores, découvrirent une colonie entière de coelacanthes. En 1999, les poissons de cette colonie étaient identifiés comme appartenant à une espèce différente que l'on baptisa Latimeria menadoensis, en référence à l'île de Menadotua, près de laquelle ils avaient été capturés.

Depuis 1952, des scientifiques de nombreuses disciplines ont abondamment étudié le coelacanthe. Les spécialistes de la biologie évolutive ont longtemps cru que l'espèce était proche parente de l'ancêtre de tous les tétrapodes (vertébrés à quatre pattes), y compris de l'Homo sapiens. Le débat sur le rôle du coelacanthe dans l'évolution se poursuit, mais une analyse poussée de l'anatomie du poisson a permis de dénoter des caractéristiques qu'il est seul à posséder, dont une membrane qui sépare l'avant et l'arrière de la cavité cérébrale, ainsi qu'un organe que l'on croit être électro réceptif, logé dans son museau. En 1987, une équipe de scientifiques dirigée par Hans Fricke, qui était allée observer le comportement des coelacanthes en sous-marin, fut témoin de prouesses acrobatiques que cette espèce semble être la seule à effectuer.

Le coelacanthe moderne Latimeria chalumnae est une véritable merveille de la nature. Seules quelques douzaines de spécimens sont conservés dans des musées un peu partout dans le monde. Le Musée canadien de la nature est fier d'en compter un dans ses collections.

L'affiche.

Image détailléeL'affiche qui a permis l'impensable. Rédigée dans les langues coloniales de la région, cette affiche a été diffusée à grande échelle par l'entremise d'un réseau d'amis et d'étrangers.


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D'ou vient le nom?>

    Coelacanthe moderne, Latimeria chalumnae.
Une histoire fascinante
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